Les textes de combats de Ruud dans Fire Emblem 6 DX
Les textes de combats de Ruud
Dans Fire Emblem 6 DX, les textes de combats permettent d'apporter davantage de profondeur aux affrontements. Derrière chaque duel se cache parfois une histoire, une rivalité ou simplement une occasion de mieux comprendre les personnages.
Dans le chapitre 2, Roy rencontre Ruud, le premier boss de l'armée de Biran. Ruud bénéficie également de dialogues supplémentaires qui donnent plus de profondeur au personnage. Ce n'est pas le cas dans le jeu original où il a juste un texte de combat ordinaire et un message de mort.
Ruud a maintenant une personnalité identifiable. Il n'est plus simplement « le second boss du jeu ».
L'accent est plus mis sur sa cupidité car il transforme systématiquement les personnes et les situations en opportunités financières.
C'est un opportuniste qui ne se soucie véritablement ni des intérêts de Biran ni d'une autre cause que ses propres intérêts. Il cherche surtout à tirer profit du chaos.
Ruud incarne un personnage aussi lâche que cynique. Il n'est pas présenté comme un grand guerrier ou un idéologue, mais comme quelqu'un qui pense que tout le monde finira par céder devant l'argent.
Je pense que c'est une très bonne direction pour un boss du chapitre 2, surtout vu ses propres paroles dans l'introduction, parce que ça le différencie immédiatement de Damas qu'on vient de vaincre. Damas était essentiellement un bandit brutal et provocateur tandis que Ruud est encore plus calculateur. Il ne se contente pas de menacer : il essaie de négocier, de monnayer, de retourner les gens.
Texte de combat ordinaire
Ruud contre Dieck — Acheter un mercenaire
C'est celui que je trouve le plus réussi car Ruud tente immédiatement de négocier avec un mercenaire.
Selon moi, c'est exactement ce qu'il devait faire dans le jeu de base, après avoir lu attentivement son introduction. Il ne cherche même pas à savoir qui est Dieck ou pourquoi il combat. Il cherche directement son prix.
D'ailleurs, la réponse de Dieck permet de caractériser les deux personnages en même temps.
C'est très Dieck : détaché, expérimenté, un peu ironique, mais pas gratuitement bavard. Le fait qu'il précise venir des Îles Occidentales est également intéressant, parce que Ruud part du principe que « tout homme a un prix », tandis que Dieck lui répond en substance que l'argent n'est pas la seule chose qui compte.
La mention des Îles Occidentales est également intéressante. Ruud apprend que Dieck ne vient pas d'Ilia et en déduit qu'il sera probablement facile à acheter : s'il ne bénéficie pas de la réputation de fidélité des mercenaires d'Ilia, alors il doit forcément avoir un prix. Pourtant, Dieck refuse catégoriquement sa proposition. Il aurait davantage de raisons que certains mercenaires d'Ilia de considérer l'offre de Ruud, mais il choisit malgré tout de ne pas trahir son employeur. Cela permet de montrer que la loyauté de Dieck ne repose pas simplement sur une règle ou sur son origine : c'est un choix personnel qui est développé dans ses soutiens.
Ici, on a donc une confrontation idéologique, même très légère en plus de préparer le joueur aux différents types de contrats de mercenaires.
D'ailleurs, la dernière réplique :
est à mon sens une bonne petite conclusion à l'échange avec un trait d'humour (nez creux / l'argent n'a pas d'odeur) car elle rappelle directement la thématique de Ruud sans la sur-expliquer.
Ruud contre Elen — Reconnaître une opportunité
Je trouve qu'il n'est pas nécessaire de faire plus long que ça.
Ceux qui me connaissent savent que j'adore pourtant les longs textes. Pourtant, ça ne s'y prête vraiment pas ici. Pourquoi ça fonctionne ? Parce que Ruud connaît déjà sa situation et voit immédiatement une occasion.
Le silence d'Elen permet justement de montrer qu'elle n'a rien à lui répondre. Impossible de savoir si elle le méprise ou si elle comprend désormais à qui elle a affaire. Je ne trouve pas ça indispensable. Surtout car elle a le droit à quelques lignes supplémentaires, dans le jeu original, si elle survit.
Ruud contre Roy — Transformer un noble en rançon
Ici, Ruud ne tente pas de convaincre Roy. Il découvre simplement :
Et... ça lui suffit amplement.
C'est même une bonne progression : Dieck est une marchandise potentielle, Roy est une marchandise encore plus précieuse. Cela montre que Ruud adapte immédiatement son raisonnement à la personne qu'il a devant lui.
La mort de Ruud — Quand sa philosophie s'effondre
L'idée est bonne. Par contre, la formulation, elle, était un peu trop... explicative à mon goût. Selon moi, le problème est que Ruud est justement un personnage qui croit à la cupidité. Au moment de mourir, lui faire prononcer une sorte de morale générale donne presque l'impression qu'il vient subitement de comprendre la leçon du chapitre.
Or, son intérêt est justement qu'il ne devrait probablement pas devenir lucide au dernier moment.
Je préférerais qu'il meure en restant... Ruud !
Par exemple, quelque chose qui suggère qu'il comprend seulement trop tard qu'il a mal évalué la valeur de ses adversaires, sans transformer sa mort en morale.
Après relecture de l'ensemble du chapitre, j'ai donc modifié ce texte.
Cette seconde approche me paraît particulièrement intéressante parce qu'elle fait mourir le personnage sur sa propre philosophie. Il ne renie pas son principe : il découvre, à ses dépens... qu'il est faux.
Ce qui est intéressant dans cette nouvelle version, ce n'est pas que Ruud comprenne soudainement que la cupidité est mauvaise. C'est qu'il reste prisonnier de son propre système de pensée jusqu'à la dernière seconde.
Bilan du lore étendu sur Ruud
Ruud n'a pas besoin de plus de textes supplémentaires. Je trouve que le plus important, n'est pas leur quantité. C'est plus important de veiller à ce que ses dialogues supplémentaires se répondent.
Avant de débuter la carte, on lit :
« Le monde [...] est gouverné par l'argent ! »
Face à Dieck, on a :
« Combien pour m'épargner ? »
Face à Roy, on voit :
« Un noble de haut rang de plus à monnayer... »
Enfin, à sa mort, on constate :
« Non... Tout le monde a un prix... Alors... pourquoi ? »
C'est une petite structure narrative... mais complète.
Ruud croit que tout s'achète → il tente d'acheter Dieck → il voit Roy comme une nouvelle source de profit → il perd → sa propre philosophie s'effondre.
C'est beaucoup plus construit que le simple boss de chapitre 2 qui crie qu'il va tuer le héros.
Je ne suis pas mécontent des petites modifications avec Ruud. Il est même plus intéressant que Damas sur le plan de l'écriture.
Damas fonctionnait surtout comme un antagoniste immédiat : brutal, arrogant, opportuniste.
Ruud possède davantage de caractérisation et de cohérence thématique. J'estime que son dialogue avec Dieck est particulièrement bon et prolonge bien l'idée de la scène d'ouverture pour lui donner une vraie personnalité avant même le combat.
C'est pourquoi j'ai modifié sa réplique de défaite, afin d'éviter qu'il formule lui-même la morale de son histoire. Je trouve plus intéressant qu'il meure en constatant que son principe — tout le monde a un prix — vient précisément de le trahir !
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